—Malade! ah! bien au contraire... Bon Jean-Marc! comme il m’a embrassé!... Et cette pauvre femme, comme elle sanglotait!... Ah! tenez, cela fait du bien de penser qu’au moins une fois on a été un peu utile!
—Un peu! répéta Janik avec reproche... Vous n’avez pas froid?
—Aucunement... Comme vous êtes bonne pour moi!
—Parce que je vous demande de vos nouvelles, quelle idée!... ah! j’ai eu si peur!
—Vous avez eu peur, très peur, oui, mais... je ne sais pas vous dire ce que j’ai éprouvé en vous voyant... Toutes les femmes à votre place auraient pleuré et supplié, vous, vous êtes restée calme, et si simple, si grande! Vous étiez pâle, vos mains tremblaient; pourtant, vous m’avez dit: «Allez!...» Janik, vous ne serez pas seulement une bonne mère, vous serez aussi une vraie Française, une vaillante, vous saurez garder les yeux secs à la veille d’une bataille et dire à vos fils: Faites votre devoir!
Mademoiselle de Thiaz se taisait; Nohel reprit:
—Je ne vous ai pas raconté une chose touchante... Comme je quittais sa maison, le père de la petite fille m’a donné un chapelet de Sainte-Anne: «Prenez-le, monsieur, m’a-t-il dit, c’est tout ce que je possède, mais quand vous aurez des enfants, ça leur portera bonheur!»
—Pauvre brave homme! fit mademoiselle de Thiaz, un peu moqueuse. Il ignore vos théories d’esprit fort! Un chapelet à vous!
—Un chapelet à moi, oui, Janik! Et je le garderai toujours, ce chapelet.
—Pour vos enfants?