Après avoir bu l'haleine de l'Atoua, Rangatira-Rahi, ou chef des chefs, Baleine-aux-yeux-terribles, Rangatira-para-parao, c'est-à-dire chef de rang supérieur, ne dédaigna pas d'accorder un honneur semblable à son vieil ami Taillevent, bien que celui ci, d'après la hiérarchie néo-zélandaise, ne fût qu'un Rangatira-iti, ou sous-chef.
Le canot du capitaine déborda bientôt.
Escorté par les balses, il se dirigeait vers le rivage aux acclamations de tous les Quichuas fidèles à la fortune d'Andrès de Saïri.
Le brig le Lion fit une salve de trois bordées.
Isabelle aborda enfin et se jeta dans les bras débiles de son illustre aïeul, le vainqueur de Sorata.
Au même instant, une secousse de tremblement de terre se fit sentir; la mer gronda, les rochers gémirent, les rares arbres qui entouraient le vieux château se balancèrent comme ébranlés, et les condors qui planaient au-dessus des mornes poussèrent des cris aigus.
—Amis! s'écria Léon de Roqueforte, la terre et la mer du Pérou saluent le retour de votre reine!
—Pi-hé! pi-hé!... vie et mort! hurlait Baleine-aux-yeux-terribles.
—Attention! criait à bord maître Taillevent, tenons-nous parés à filer le câble par le bout.
Déjà le premier lieutenant rangeait son monde aux postes d'appareillage.