Comme tous les Rangatiras, Baleine-aux-yeux-terribles possédait des notions astronomiques fort remarquables.
«D'après le témoignage des explorateurs, durant l'été les Néo-Zélandais consacrent des heures entières à étudier les mouvements célestes et à veiller le moment ou telle ou telle étoile paraîtra sur l'horizon.»—«Ils savent très bien reconnaître leur direction pendant le jour par celle du soleil, et la nuit, par celle des étoiles. En mer, ils indiquent très exactement ainsi le gisement de leur île[14].»
[14] Dumont d'Urville,—Marsden,—Nicholas,—D. de Rienzi.
Plaçant son jeune fils Hihi (Rayons du soleil) à la tête de sa tribu, sous la tutelle d'un Rangatira fidèle à sa famille, Parawâ consentit à s'embarquer, et devint rapidement capable de manœuvrer un navire.
Alors, les pavillons du Lion de la mer acquirent une grande renommée dans toute la Polynésie. Les matelots qui avaient servi sous ses ordres, répartis dans les divers archipels, y représentaient fort ardemment son influence antibritannique. Mais, d'un autre côté, les Anglais, instruits de ce qui se passait dans ces parages lointains, commençaient à y expédier des navires de guerre.
L'escadrille de Léon de Roqueforte fut activement pourchassée.
Son brig s'échoua sur les récifs de Tonga; le patron, traité en pirate, fut pendu; les indigènes du parti de Léo l'Atoua sauvèrent les canons en plongeant, mais n'en tirèrent aucun parti.
Tourvif, dans les environs des îles Fidji, perdit son trois-mâts sur des écueils sous-marins.
Plusieurs bâtiments de rang inférieur, et entre autres une grande barque de cabotage montée par le vaillant Parawâ, coulèrent sous le feu des Anglais. Parawâ réussit à se sauver à la nage, et plus tard regagna son île dans une pirogue de Tonga,—voyage de près de cinq cent lieues, qui n'est pas sans précédents.
Cependant Léon avait appris à Taïti que la paix était conclue entre l'Angleterre et la France. Le droit des gens lui interdisait de continuer à faire la course; il s'abstint donc, à son grand regret, d'attaquer plusieurs bâtiments de commerce dont la capture eût été facile.