Il fit route par le cap de Bonne-Espérance, relâcha dans un certain nombre de ports anglais, hollandais, espagnols ou portugais des Indes orientales et des archipels de la Malaisie, et enfin, rentrant en quelque sorte dans ses domaines d'outre-mer, il jeta l'ancre à la baie des Iles, le 1er janvier 1788.
Du sommet de son Pâ fortifié, Baleine-aux-yeux-terribles reconnut les pavillons de son Rangatira-rahi, les couleurs de la France, la chape de saint Martin, les armoiries de Roqueforte, et la tête tatouée sur champ d'azur étoilé d'or, qui était l'emblème de Léo l'Atoua pour les Néo-Zélandais.
Alors, un cri qui ne devait pas tarder à être répété avec enthousiasme d'un bout à l'autre de la Polynésie, retentit pour la première fois:
«Le Lion de la mer ne meurt pas!»
—Non! non! hommes de la tribu de Touté, il n'est pas mort, le Lion de la mer!... et vous nous aviez menti.
«Le Lion de la mer ne meurt pas.»
—Il tue sous lui des vaisseaux,—il marche sur les mers,—il vole dans le ciel,—il vit dans le feu comme sous les flots de l'Océan.
«Le Lion de la mer ne meurt pas!»
Trois ans s'étaient écoulés depuis le combat naval d'Ouléa, dont les Anglais avaient répandu la fatale nouvelle; le retour de Léo l'Atoua fut assimilé à une résurrection, et sa légende grandit, prenant de proche en proche des proportions plus fabuleuses.
On lit textuellement dans le Voyage de Lapérouse: