—Jurez de lui obéir comme à moi-même.

—Nous le jurons!

Et Sans-Peur ajouta:

—Les Espagnols vous condamnent aux travaux des mines; moi, j'ai condamné aux mines mes prisonniers espagnols. Vos maîtres vous obligent à retirer des entrailles de la terre l'or qui leur sert à forger vos fers; que mes captifs, gardés et surveillés par vous, arrachent de vos montagnes l'or qui doit servir à les briser!...

—C'est bien!... dit le chef des Aymaras. Tu auras de l'or! Nous garderons tes prisonniers. Nous connaissons des mines que les Espagnols ne découvriront jamais. Fermées pour eux, elle se rouvriront pour toi!

Léon continua:

—L'Espagne envoie par mer les troupes qui vous oppriment, c'est sur mer que je combattrai l'Espagne. J'arrêterai ses convois, je prendrai ses navires, je transformerai ses soldats en mineurs que je vous livrerai. Mais, d'un autre côté, si j'ai des vaisseaux, je manque d'hommes; que chaque tribu me fournisse donc quelques jeunes gens alertes et courageux pour compléter mes équipages.

Les acclamations de la multitude furent favorables à cette demande.

Électrisés par les discours d'Andrès, de Léon et d'Isabelle, plus de deux cents indigènes se présentèrent d'eux-mêmes. Les caciques des divers districts promirent d'en envoyer successivement au Lion de la mer autant qu'il lui en faudrait.

Le double but du voyage se trouvait rempli.