—Bas le feu! commanda Léon en hissant pavillon parlementaire.
Le silence se fit sur la baie.
—Capitulez! ajouta Sans-Peur, je vous accorde la vie, la liberté, un navire et un sauf-conduit pour retourner en Angleterre!
Non!... répondit le commodore, je ne capitulerai jamais devant un pirate.
—Je suis corsaire français!
—Vous en avez menti!... Feu!... feu partout!
—A l'abordage, donc, et pas de quartier! cria Léon avec fureur.
Un triple choc suivit ce commandement.
La Lionne arrivait en grand sur la Firefly qui dériva sur la corvette le Lion, tandis que l'Unicorn s'accrochait par l'avant. Les quatre navires, qui se heurtaient et se brisaient l'un à l'autre espars et pavois, gémissaient en craquant de bout en bout. Ils ne formaient plus qu'une masse, théâtre de la désolation et du carnage.
Les lions, les tigres, les cannibales, les farouches Néo-Zélandais, les Polynésiens ou les Péruviens enrôlés comme matelots par Sans-Peur, déchaînés maintenant, égorgeaient sans pitié les anglais livrés à leur rage.