XXXIII
ROBOAM OWEN.
A la lueur des torches, on achevait d'ensevelir les restes mortels du bisaïeul de Gabriel-José de Roqueforte, lorsque deux officiers de la Firefly, préservés à grand'peine de la fureur des sauvages, furent amenés à terre par un peloton de marins français.
Le pilotin chef de corvée dit à Sans-Peur:
—Par les ordres du capitaine Féraux, je viens vous livrer les deux officiers de corvée pris à bord du Lion et de l'Unicorn. Nos matelots indigènes ont failli les massacrer, mais nous nous y sommes opposés en votre nom.
—Vous avez bien fait! s'écria vivement Sans-Peur. Sans les dangers courus à terre par ma femme, mes enfants et nos malheureux alliés, je n'aurais jamais commandé l'abordage qui a suivi l'insolente réponse du commodore.
—Plût à Dieu que notre infortuné commodore eût consenti à me croire! dit l'un des officiers anglais dont Sans-Peur reconnut la voix.
—M. Roboam Owen! s'écria-t-il.
—Moi-même, commandant; votre prisonnier pour la seconde fois!