«Cela, nonobstant les plaintes que les agents diplomatiques de la France feraient valoir auprès de Sa Majesté Catholique pour faire retomber sur Votre Excellence toute la responsabilité des événements.»

Cette réponse fut scellée d'or au lion rampant de gueules qui est Roqueforte, et signée:

LE COMTE DE ROQUEFORTE,

Capitaine de frégate honoraire, commandant la division des
corsaires français stationnée dans la baie de Quiron.

Les prisonniers espagnols furent répartis à bord des trois navires; les blessés hors d'état d'être transportés par terre, recueillis à bord de l'Unicorn, dont on fit une sorte d'hôpital, et à midi sonnant, la division, pourvue des ordres de Sans-Peur, appareilla sous le commandement d'Émile Féraux.

Roboam Owen et son camarade le capitaine Wilson, remis en possession de tout ce qui leur appartenait, quoique la Firefly eût été livrée au pillage, devaient être traités en passagers du gaillard d'arrière.

—Ces messieurs, avait dit Léon, ne débarqueront que lorsqu'il leur plaira, car je ne leur ai pas rendu la liberté pour les faire tomber au pouvoir des Espagnols.

Une copie de la dépêche officielle était destinée à don Ramon, ainsi qu'une lettre explicative et fraternelle dont fut chargé l'émissaire de l'agent secret du Lion de la mer dans la ville de Lima.

Enfin Parawâ reçut confidentiellement la promesse que Léo l'Atoua ne tarderait point à reparaître dans ses îles de l'Océanie. Le Néo-Zélandais l'accueillit avec joie; mais Taillevent, en tiers dans cette conférence secrète, ne put réprimer un grognement.

—Et nous voici à terre... laissant filer au large nos trois navires!... murmurait-il.