Léon montrait la place Majeure; les Liméniennes, intéressées par son récit, souriaient sous leurs éventails.
—... Cette place, où à l'instant où je parle, monseigneur le vice-roi, d'innombrables amis attendent mes ordres.
A ces mots, Léon se leva et fit un signe de la main. Une fusée rougeâtre sillonna les airs.
—Regardez bien, regardez! dit-il. Une autre fusée semblable va répondre à mon signal... La voyez-vous dans le lointain, à gauche?... Mes officiers savent maintenant que je suis au bal chez Son Excellence, et que j'espère fermement l'amener à conclure la paix.
Wilson causait depuis quelques instants avec un colonel espagnol, qui, ayant été fort bien reçu à bord de la Firefly, partageait la haine des Anglais pour Sans-Peur le forban.
—Qu'est-ce qui nous prouve que cet homme dit la vérité? s'écria le colonel. Faites cerner la place, monseigneur!...
—Prenez garde, messieurs, à ce que vous allez tenter, interrompit Léon en se croisant les bras sur la poitrine.—Mais vous, mesdames, n'essayez pas de sortir. Vous n'êtes en sûreté que dans ce palais.—Ah! l'on doute de moi!... Je veux la paix, je la veux avec la population de cette ville et le Pérou tout entier! mais je suis prêt à la guerre, sur terre et sur mer!
Léon prononça quelques mots d'une langue inconnue. Parawâ leva perpendiculairement son méré casse-tête. Deux flammes bleues parurent dans les airs.
—Écoutez! écoutez maintenant.—Trois coups de canon vont retentir au large.
Les trois coups de canon furent distinctement entendus.