Ce point aérien était le théâtre d'un combat fratricide.

Tom Lebon et Camuset se trouvaient aux prises.

—Matelots!... mes deux matelots!... mes matelots, ne vous tuez pas! criait maître Taillevent.

Gabriel et Liméno, suspendus aux chaînes d'un grappin d'abordage, menaçaient de leurs pistolets le brave marin de Jersey, Tom Lebon, anglais de nation, français de cœur.


XLVII

FERMEZ LES SABORDS!

—Il faut, avait dit Sans-Peur à son fils Gabriel, que notre frégate qui coule s'attache au vaisseau anglais par cent liens de fer. Ils vont nous fusiller à bout portant, entraînons-les par le fond. Seulement, mon fils, à mon premier signal, jette-toi à la mer, gagne l'une des balses qui seront amenées au moment de l'abordage; pas d'hésitation, pas de retard. Je ne te permets de combattre ici qu'à cette condition.

—Mon père! auriez-vous donc résolu de périr avec tous vos braves?

—Non!... Si je ne tenais à leur laisser une chance de salut, je n'emploierais pas un moyen douteux: je ferais sauter les deux navires. Au lieu de laisser nos poudres se noyer, nous les retirerions de la soute. Mais assez... assez... à ton poste!...