—La frégate qui coule bas va nous entraîner au fond!...

—Fermez les sabords! commanda Wilson avec l'accent de l'épouvante, et en haut... en haut tout le monde!


XLVIII

SAUVE QUI PEUT!

Roboam Owen, dont le poste de combat était dans la batterie basse, fit hermétiquement fermer tous les sabords, afin que la mer ne se précipitât point à flots par ces ouvertures quand le poids de la frégate commencerait à se faire sentir.

Puis, accompagné de ses matelots canonniers, il monta sur le pont, le sabre à la main.

A l'avant, après d'héroïques actions, Émile Féraux avait eu le dessous. Ce fut en vain que l'impétuosité des corsaires rompit par trois fois la ligne des baïonnettes. Ils ne purent opérer leur jonction avec les braves commandés par Sans-Peur. Une foule trop compacte leur barra le passage.

Émile Féraux, criblé de blessures, périt vaillamment les armes à la main. La plupart de ses hommes furent tués; quelques-uns glissèrent à la mer ou, se voyant serrés de trop près, s'y élancèrent en désespoir de cause; quelques autres, en général blessés, se rendirent aux Anglais. On les emporta dans la batterie basse où ils furent mis aux fers.

La mêlée se prolongea davantage entre le grand mât et le mât d'artimon.