Sans-Peur s'écria:

—A la nage, Gabriel!... A la nage, les Quichuas! Encore deux minutes de résistance, mes amis!...

—Adieu, mon père! j'obéis!... dit Gabriel.

Camuset, Liméno et plus de vingt autres le suivirent.

Pi-hé!... pi-hé!... hurlait Parawâ, dont la massue accomplissait d'effroyables exploits.

Il était blessé à la joue, aux flancs et à l'épaule; le sang ruisselait sur ses tatouages; il avait l'air du démon des combats. Son formidable casse-tête menaça Roboam Owen. Sans-Peur s'interposa:

—Ne frappe point cet officier! dit-il.

Le sabre du lieutenant anglais vole seul en éclats.

—Pourquoi m'épargner? demande Owen.

Sans-Peur, entouré d'ennemis, ne peut répondre. Taillevent à sa gauche, Parawâ à sa droite, faisaient des moulinets, l'un avec sa hache, l'autre avec son méré. Sans-Peur était protégé par ses fanatiques insulaires polynésiens, trop heureux de mourir pour lui en criant: