Tous ses actes devaient être dénaturés par des rapports perfides.

Et la vice-royauté du Pérou venait d'échoir à un homme du parti opposé à celui du marquis de Garba y Palos.

L'œuvre civilisatrice et paternelle qu'il avait entreprise, les fruits de sept années d'efforts incessants, tout fut perdu en quelques jours.

Le gouverneur de Cuzco, violemment arrêté dans son palais, fut conduit avec les fers aux pieds et aux mains à Lima, où on le jeta dans un cachot.

Alors dona Catalina, emmenant sa fille Isabelle, se réfugia chez le cacique de Tinta, son père.

Tous les abus réprimés à grand'peine recommencèrent avec une recrudescence qui les rendit plus sensibles. L'insurrection de 1780 éclata.

José Gabriel en fut le chef, Andrès l'un des héros.

Le marquis, étroitement incarcéré à Lima, ne fut point envoyé en Espagne comme il le demandait, mais soumis aux plus cruels traitements, tandis que Catalina, son enfant dans ses bras, parcourait le pays en criant vengeance, soulevait les populations et les conduisait au combat avec l'espoir de fondre un jour sur la capitale pour y délivrer son malheureux époux.

On sait comment périt cette femme digne à tous égards de son illustre origine; on sait comment elle fut vengée par Léon de Roqueforte, le Lion de la mer, qui, se trouvant tout à coup en présence de son image, dit avec une pieuse émotion:

—Isabelle, je prends a témoin votre infortunée mère de mon dévouement à votre aïeul Andrès et de mon attachement sans bornes pour vous.