[68] Aliquoties prædicabat (Tiberius) exitio suo omniumque Caium vivere: et se natricem, serpentis id genus, populo romano, phaetontem orbi terrarum educere. (Suet. in vit. Cal.)

[69] Néron faisoit promener dans les rues de Rome ses chevaux couverts d’une robe de sénateur. Il arriva de-là que le peuple ne regarda plus ce vêtement auguste, que comme un caparaçon de cheval.

[70] Dans le temps de la république, le peuple croyoit que les arts ne devoient occuper que des esclaves. En perdant sa liberté, il conserva cette manière de penser, parce que les citoyens qui aspiroient à la tyrannie, lui faisant de grandes libéralités pour l’attacher à leur intérêts, il ne sentit ni sa misère, ni la nécessité de travailler. Les empereurs suivirent cet usage, et ils employèrent une partie de leurs rapines à lui donner des spectacles et des gratifications.

[71] Nec ulli genti sine justis et necessariis causis bellum intulit (Augustus) tantumque abfuit à cupiditate quoquo modo imperium vel bellicam gloriam augendi, ut quorumdam barbarorum principes in æde Martis ultoris jurare coegerit, mansuros se in fide ac pace quam peterent. A quibusdam verò novum obsidum genus, fœminas exigere tentaverit; quod negligere Marium pignora sentiebat. (Suet. in vit. Aug.) Addideratque consilium coercendi intrà terminos imperii. (Tac. Ann. l. 1.)

[72] Tous les historiens anciens sont pleins des vexations que les officiers des empereurs faisoient dans les provinces, d’où ils rapportoient des fortunes immenses. Dion Cassius parle d’un certain Licinius, affranchi de César et gouverneur des Gaules sous le règne d’Auguste, qui imagina de partager l’année en quatorze mois, au lieu de douze, parce que les Gaulois payoient un certain tribut par mois. C’étoit une maxime de la politique de ce temps-là, qu’un peuple heureux est indocile, et que pour tenir la multitude dans la soumission, il falloit l’appauvrir.

[73] Multa seditionis ora vocesque; suâ in manu sitam rem romanam, suis victoriis augeri Rempublicam in suum cognomentum adcisci imperatores..... fuere etiam qui legatam à divo Augusto pecuniam reposcerent, faustis in Germanicum omnibus, et si vellet imperium promtos ostentavere. (Tac. Ann. l. 1.)

[74] Voyez dans Tacite comment ces généraux se comportèrent pour appaiser la révolte de leurs armées, tandis qu’ils pouvoient en profiter pour usurper l’empire.

[75] Néron ne fit aucune attention aux nouvelles qui lui apprirent la révolte de son armée; il se contenta de mettre à prix la tête de Vindex. Il assembla dans ces circonstances le sénat, et ne lui fit part que d’une découverte qu’il avoit faite, et qui devoit faire rendre à l’hydraule des sons plus forts et plus harmonieux. Voyant ensuite que les légions de Germanie se joignoient à celles des Gaules, il désespéra de conserver l’empire, et médita, dit-on, de se retirer en Egypte, espérant d’y gagner sa vie, en montrant à jouer de la lyre.

[76] Evulgato imperii arcano, posse principem alibi quam Romæ fieri. (Tac. Hist. l. 1.)

[77] Sententiam militum secuta patrum consulta. (Tac. Ann. l. 12.) Indè raptim appellatis militibus ad curiam delatus est. (Suet. in vit. Ner.)