[125] Sciat Regum majestatem difficilius ab summo fastigio ad medium detrahi, quam à mediis ad ima præcipitari. (Tit. Liv. l. 37.) Si Scipion l’Africain tint en effet ce discours aux ambassadeurs d’Antiochus, il ne le donnoit sans doute que pour un sophisme. Ce grand homme savoit que le désespoir d’un peuple qu’on veut ensevelir sous ses ruines, renferme tout ce que les vertus ont de plus sublime. En se rappelant la situation malheureuse des Carthaginois pendant la troisième guerre Punique, et tout ce qu’ils firent d’héroïque et de merveilleux pour échapper à leur perte, qu’on juge s’il eût été aisé à Scipion de les détruire dans le temps qu’ils avoient encore Annibal parmi eux.

[126] Sæpe postea ferunt Scipionem dixisse, Tit. Claudii primum cupiditatem, deinde Cn. Cornelii fuisse in mora, quo minus id bellum exitio Carthaginis finiret. (Tit. Liv. l. 30.)

[127] Voyez mes Observations sur l’histoire de la Grèce.

[128] Cette guerre commença l’an de Rome 553, deux ans après que celle d’Annibal eut été terminée.

[129] Elle commença l’an de Rome 563.

[130] Nunquam isti populi, nisi cum deerit ad quem desciscant, à nobis non deficient. (Tit. Liv. l. 31.) Il est bien surprenant que les Romains, instruits du changement que la seconde guerre Punique avoit produit dans la manière de penser des Italiens, n’aient pas songé à y remédier; rien n’étoit plus facile après qu’Annibal eut abandonné l’Italie, il ne s’agissoit que d’imaginer en leur faveur quelque titre et quelque distinction particulière. J’ajoute même que rien n’étoit plus important, et on n’en doutera pas après avoir lu l’entreprise qu’Annibal proposoit à Antiochus, et dont les suites pouvoient être si dangereuses. Il faut encore se rappeler ce que j’ai dit au commencement de cet ouvrage, au sujet des désordres que causa dans la république Romaine l’ambition qu’eurent les peuples d’Italie, de se faire donner le titre de citoyens Romains. Tout cela devoit se prévoir, et c’est une faute que de ne l’avoir pas fait.

[131] Les Romains se servoient dans leurs discours familiers du nom d’Annibal, comme d’un mot proverbial, pour exprimer un homme méchant, dangereux et terrible; il est employé de la sorte dans Plaute, et dans quelques autres auteurs anciens. Voyez chez les historiens avec quelle lâcheté les Romains poursuivirent la perte d’Annibal. Ce grand homme, voyant que Prusias, chez qui il s’étoit retiré en abandonnant la cour d’Antiochus, ne pouvoit se dispenser de le livrer à ses ennemis, prit le parti de s’empoisonner lui-même. Délivrons, dit-il, les Romains de la terreur que je leur inspire; ils eurent autrefois la générosité d’avertir Pyrrhus de se précautionner contre un traître qui vouloit l’empoisonner; et les lâches sollicitent aujourd’hui Prusias à trahir les droits de l’hospitalité, et à me faire périr.

[132] Divitiarum tanta fama erat, ut victor gentium populus, et donare regna consuetus, socii vivique Regis confiscationem mandaverit. (l. 3. c. 9.)

[133] Delphos, quondam commune humani generis oraculum, umbilicum orbis terrarum, Galli spoliaverunt: nec ideo populus romanus his bellum indixit aut intulit. (Tit. Liv. l. 38.)

[134] Acarnanes adversus Ætolos auxilium Romanorum implorantes, obtinuerunt à romano senatu, ut legati mitterentur, qui denonciarent Ætolis, præsidia ab urbibus Acarnaniæ deducerent, paterenturque esse liberos, qui soli quondam adversus Trojanos auctores originis suæ, auxilia Græcis non miserint. (l. 28.)