— Allah me préserve de rester au milieu de telles gens, dont le Khan vit comme un ours dans sa tanière. Je ne dirais pas ces choses dans la rue, car il me ferait couper la tête. »

Là-dessus, l’Osmanli vide sa tasse de thé. Il a raison de tenir sa langue, la liberté de la presse étant inconnue dans ce pays.

« Où iras-tu en quittant Khiva ?

— Dans le Bokhara, dont l’Émir, dit-on, est aimable aux serviteurs d’Allah.

— Tu ne pourras pas toujours vivre de la prière à Dieu ?

— Je le pense comme vous ; aussi, en vous rendant visite, j’avais l’intention de vous demander un renseignement.

— Lequel ?

— Ne pourriez-vous m’enseigner le moyen de fabriquer les allumettes ? personne ne les connaît ici ; j’aurais la certitude de gagner beaucoup d’argent.

— Très-volontiers. »

Le pèlerin, qui songe à devenir industriel, nous quitte très-heureux. Car M. P… lui promet la « recette » pour la fabrication des allumettes.