« Où a eu lieu la baïga ?
— Dans la plaine du côté d’Iliali.
— A propos du mariage dont on nous parlait à l’instant ?
— Oui. Un mariage de chef, dont les réjouissances durent depuis cinq jours. Le prix était considérable.
— A quelle somme s’élevait-il ?
— Il était de deux cents tengas de Khiva (environ soixante francs).
— Quelle était la distance à parcourir ?
— Quatre tach (trente kilomètres environ), que mon maître a parcourus en une heure de temps.
— Quelles sont les règles de la baïga ?
— Il n’y en a qu’une, d’arriver le premier. Les coureurs sont sur une ligne, le signal est donné, ils partent. Tous les moyens sont bons pour dépasser ou arrêter l’adversaire. Si l’on parvient à l’atteindre, qu’il soit jeune et peu robuste, on le désarçonne, car c’est un désavantage pour un homme fait de lutter avec un jeune garçon d’un poids moindre. Parfois des amis s’entendent, l’un doit gêner le concurrent redouté, et l’autre, entre temps, filer. Aussi il y a quelquefois des accidents et des querelles, mais c’est très-amusant.