— Y a-t-il longtemps que tu sers le sultan ?

— J’étais jeune quand je suis entré dans sa maison, et je ne l’ai point quittée.

— Gagnes-tu beaucoup d’argent ?

— De l’argent ? non. On me donne ce dont j’ai besoin, la nourriture, le vêtement, la place où dormir. Je suis de la famille. J’ai vu grandir les enfants, j’ai élevé le cheval qui a gagné le prix de la baïga.

— Sais-tu entraîner les chevaux ?

— Ha, ha ! mais nul ne le sait mieux que ces brigands de Tekkés, avant leurs alamans.

— Tu n’aimes point les Tekkés.

— Non, ils ont toujours fait du mal aux Yomouds.

— Les Yomouds ne le leur ont-ils pas rendu ?

— Quelquefois.