— On nous a dit que des Yomouds faisaient profession de piller les caravanes.

— Plus maintenant, et puis cela était l’exception. »

Le vieux serviteur jette sur le feu plusieurs poignées de broussailles, consécutivement.

« Ne brûlez-vous pas beaucoup de broussailles ?

— En cette saison seulement, au cœur de l’hiver, on emploie de préférence le charbon de saxaoul qui se consume lentement et donne beaucoup de chaleur. On va faire des provisions loin d’ici, près d’une ancienne ville nommée Chak-Seneme.

— Y es-tu allé ?

— Oui ; au reste, vous-mêmes passerez par là, vous verrez les restes de la forteresse qu’habitait Chak-Seneme, au sujet de qui les chanteurs content des légendes. Demain, je vous en ferai venir un qui chantera cette histoire. »

Là-dessus, le serviteur se retire. Il n’est pas accoutumé de veiller aussi tard, et va dormir.

En nous éveillant, nous regardons dans la cour faisant face à la porte d’entrée si les chameaux promis depuis longtemps sont là. Pas de chameaux.

Nous mandons notre Khivien, agent du Khan. Il nous affirme qu’avant le coucher du soleil les chameaux seront prêts. Nous attendons jusqu’au coucher du soleil, sans trop nous plaindre du retard, car nos chevaux sont dans un état pitoyable. Cette journée de repos leur est presque indispensable. Le vieux sultan, qui a de l’expérience, nous garantit qu’ils se referont vite, et iront jusqu’au bout du chemin. Tant mieux.