Cette nouvelle met tout le monde de bonne humeur, et l’on prépare tous les ballots pour le départ. La figure de notre chamelier s’éclaircit, et nous nous entretenons avec lui, l’interrogeant sur la provenance des divers objets qu’il possède.
« Où as-tu acheté ton pistolet ?
— Iran.
— Ton sabre ?
— Iran.
— Ton fusil ?
— Iran.
— Ton manteau ?
— Iran…, etc., etc. »
Tout ce qu’il porte vient de l’Iran, et est d’une fabrication plus soignée que les objets du Khiva. Le sabre est seul d’origine vraiment persane ; les canons des armes à feu proviennent de vieux fusils russes, montés par des ouvriers persans. Quant au cheval, il est turkoman, fils de coursiers de l’Akkal. Six couvertures de tailles diverses superposées sous un espèce de pardessus enveloppent le bel alezan, ne laissant à l’air que les jarrets et le chanfrein. Il est beaucoup mieux vêtu que son maître, qui le panse avec un soin inimaginable, enlève chaque pièce de l’habillement, la secoue, puis lave les bords de l’écorchure du dos, la graisse ; ensuite il bouchonne la robe luisante, la frotte lentement avec sa manche, en même temps qu’il prononce d’une voix calme les mots les plus flatteurs. Le cheval tourne la tête vers son ami, le flaire, et marque sa joie en agitant doucement la queue.