— Jamais aux grandes personnes, toujours aux enfants.

— Que leur dit-il ?

— Il les appelle auprès de lui en répétant : Psitt, psitt. »

Inutile d’insister et de demander d’autres explications.

On s’arrête pour bivouaquer dans de hautes herbes, où les gazelles ont gîté récemment ; elles étaient à l’abri du vent. La place est bonne à prendre. Le puits annoncé par Ata Rachmed est à quelques cents mètres. On y mène les chevaux. L’eau n’en est pas bonne. Demain nous serons à Tcherechli, où campe l’expédition russe.

X
LE DÉSERT DE L’OUST-OURT.

Au puits de Tcherechli. — La question de l’Oxus. — Un ancien brigand. — L’accordéon. — Un « maral ». — Retraite de Russie. — Le brouillard. — Pas de viande. — Fabrication du pain, force de la coutume. — Le saxaoul. — Le froid, les marches de nuit. — Le fleuve salé. — Hallucinations. — Siouli. — Krasnovodsk.

Une seule étape nous séparant de Tcherechli, nous nous permettons de dormir la grasse matinée du 29 novembre et ne partons qu’à quatre heures du matin.

Après une marche pénible dans les sables, vers dix heures, nous découvrons des yourtes alignées, des abris au pied des monticules dans un bas-fond, où l’on descend par une plage à pente douce.

C’est le quartier général de l’expédition qui s’occupe d’étudier la question de l’Oxus.