— Non, disent-ils en gémissant et en tombant à genoux.
— Eh bien, obéissez.
— Lalesse ! lalesse ! (Entendu ! entend !) »
Un serviteur leur ordonne de se retirer, ils vont à reculons dans l’attitude respectueuse du pays. La portière tombe. Les chefs djachoug se redressent, et de bonne humeur ils se dirigent vers leurs tentes.
Le 18 mars nous nous mettons en marche par un beau temps. La réverbération du soleil par la neige nous brûle littéralement la face et les yeux. Nous nous dirigeons vers le nord-est.
Le soir, nous campons dans un vallon, à Taché Roua, ce qui signifie « aoul de Taché ». Vous savez que dans la steppe on appelle aoul un assemblage de tentes. Nous n’en avons vu que trois ou quatre pendant l’étape, à l’entrée des gorges, près de la glace.
Le 19 mars nous allons camper à Soubrou. Nous faisons de nombreux détours par un fort mauvais temps, il neige et le vent souffle de l’ouest avec une violence extrême. Soubrou est un aoul d’une vingtaine de tentes, posées dans une vallée herbeuse à laquelle on accède par une passe assez raide.
Le 21 nous arrivons par un plateau à Diti, où nous descendons dans un cirque formé par des collines aux molles ondulations. Du côté de Lhaça les hauteurs sont blanches ; nous voyons peu de neige à l’est et au nord. A Diti passe la grande route de Naptchou à Lhaça — la route du Tsaïdam et du Koukou Nor, — s’élevant vers le sud.
Nous attendons trois jours à Diti, où les nomades vivent en assez grand nombre. Ils possèdent des troupeaux considérables : yaks, moutons pullulent et errent de tous côtés.
Ils paraissent s’occuper aussi de l’élève des chevaux. Nous en voyons une quarantaine venir s’abreuver à la source près de notre tente, ils sont d’une plus grande taille que tous ceux que nous avons rencontrés jusqu’à présent, leurs jambes sont parfaites.