« Moi, Han, sous-préfet, ayant le titre honorifique de Fou-tchi, faisant fonctions de préfet du cercle de Kola-Chacul (Karachar), j’ai reçu du gouverneur par intérim Wei un ordre ainsi conçu :

« Actuellement un prince du sang du royaume de France, Ken-li-ho (Henri), voyageant sans passeport chinois et de sa propre initiative, se dirige vers Lo-pou-ta-eul (Lob Nor), j’ordonne aux autorités locales de son parcours, dans quelque lieu que se trouve le prince français, de l’empêcher de continuer sa route et de l’obliger à rebrousser chemin.

« En conséquence de cet ordre, mon devoir est d’envoyer des agents aux informations, j’ordonne donc à deux agents de se rendre immédiatement à Kou-eul-li (Kourla) et d’agir de concert avec les chefs musulmans de cet endroit afin d’inspecter la contrée. Si le prince français s’y rencontre, il faut aussitôt s’opposer à sa marche en l’empêchant de pénétrer plus avant et en l’obligeant à s’en retourner.

« Les agents ne devront se rendre coupables ni de lenteur, ni de négligence, sous peine d’encourir des punitions. Ne pas désobéir. Deux fois recommandé.

« Ces instructions sont données à Tchang-youy et à A-li. Ils auront soin de s’y conformer.

« Le huitième jour de la neuvième lune de la 15e année Kouang-Sin.

« Valable jusqu’au retour pour être ensuite rendu et annulé. »


Le 8, les chefs de Kourla, l’akim en tête, reviennent nous visiter. Nous leur rendons l’ordre que nous avons photographié. Ils nous répètent que nous ne pouvons continuer notre route. Nous répondons que rien ne nous empêchera d’aller au Lob Nor, où nous devons chasser.

« Quand nous serons prêts, nous chargerons nos bêtes et nous partirons, et si l’on veut nous arrêter par la force, « il y aura du sang », et ce sang retombera sur vos têtes. Nous ne sommes pas des malfaiteurs, nous ne faisons de mal à personne, pourquoi ne jouirions-nous pas des immunités accordées au moindre marchand ? On laisse circuler ici des gens de rien et l’on veut nous arrêter ! Qu’on l’ose et « le sang coulera ». C’est notre dernière parole, akim, réfléchissez. »