« Êtes-vous au service des Russes ?
— Non, répondirent-ils.
— Nous savons que des Russes veulent pénétrer dans Lhaça, mais ils n’ont pas reçu la permission. Si vous êtes ces Russes, ne l’oubliez pas !
— Nous sommes au service de Français qui ne se soucient pas d’aller au Tibet.
— Que viennent-ils faire par ici ?
— Chasser. »
Sur cette réponse, le lama a rabattu son voile et gardé le silence. Ses serviteurs l’ont donné pour un « Bouddha vivant ».
Nous convoquons les chasseurs de Lob et de Tcharkalik et nous leur demandons s’ils connaissent le chemin suivi par cette caravane. Après avoir beaucoup insisté, nous obtenons cet aveu du vieil Abdoullah Ousta :
« Il y a vingt-cinq ans, j’ai entendu dire que des Kalmouks étaient revenus du Tibet par une route plus directe que celle du Tsaïdam et plus facile. C’est tout ce que je sais. »
Là-dessus le vieux chasseur nous demande pour lui et les siens l’autorisation de nous quitter. « Le froid est de plus en plus insupportable, nos foyers sont plus loin chaque jour et nos vivres diminuent. » Je lui promets une réponse pour le lendemain matin.