24 décembre. — Au petit jour sévit encore la tempête qui a éclaté pendant la nuit. Rachmed arrive comme d’habitude au rapport. Il entr’ouvre la toile de la tente. Sa figure est triste, il a des larmes dans les yeux.
« Niaz a fini, dit-il ; nous n’avons pas d’eau ni de bois pour fondre la glace et nous ne pouvons laver le corps selon le rite ni le vêtir de vêtements propres.
— Peu importe. Allah pardonnera, car vous ne pouvez faire mieux.
— Nous l’envelopperons dans le feutre blanc que je lui avais prêté pour se couvrir, et l’on priera. Mais je ne crois pas que nous puissions lui creuser une tombe. La montagne est trop dure.
— Ensevelissez-le le plus convenablement que vous pourrez.
— Je le ferai moi-même avec l’aide de Timour, qui sait les prières, et de Parpa, qui a mangé chez la sœur de Niaz.
— C’est bien, nous vous aiderons aussi. »
Le cadavre du bon serviteur gît enveloppé dans sa pelisse près de la tente de son mauvais maître. On le couvre du feutre blanc. Le corps n’est pas lourd, il est raide de gelée. La neige fine tourbillonne autour de nous, le vent est glacial.
Nos trois hommes prennent des pioches, et, après avoir donné quelques coups, ils me regardent en disant :
« On ne peut pas entamer le sol. C’est bien malheureux. »