— Jusqu’à Namtso ?
— Huit jours.
— Jusqu’à Lhaça ?
— Douze jours. »
Voilà des renseignements. Sont-ils exacts ?
Cela est possible. En tous cas, ces chiffres donnés par ce gourmand ne précisent rien quant à la distance. Il dit sans doute la vérité, mais il faut comprendre qu’il est allé lui-même en trois jours à Bourbentso, que le huitième jour il était au Namtso et que le douzième il entrait à Lhaça.
Lorsque nous avons appris de ce Tibétain ce que nous voulions savoir, nous nous éloignons. Mais il ne veut pas lâcher prise ; il s’approche en tirant sa formidable langue de bœuf, et, s’accroupissant rapidement devant nous, il trace vite sa carte, et disposant les argols il récite avec volubilité :
« Bourbentso trois jours, Namtso huit jours, Lhaça douze jours. »
Et, la langue pendante, il tend la main ; comme il nous amuse, nous lui donnons quelque chose. Il enfouit ce qu’il reçoit dans le pli de sa pelisse derrière son dos et s’éloigne en riant.
Il revient plusieurs fois à la charge, mais nous le remercions à notre tour, car il viderait nos poches.