[181]Immortale nihil mundi compage tenetur,

Non Urbes, non Regna hominum, non aurea Roma.

[179] C’est un axiome fondé sur une loy eternelle, qu’il n’y a rien d’engendré au monde qui ne soit sujet à quelque changement.

[180] Il n’y a rien qui prenne naissance qui ne meure & tout ce qui prend accroissement vieillit.

[181] Il n’y a rien d’immortel dans le monde, non pas même les villes, ny les royaumes des humains, ny Rome qui estoit si opulente.

Et tous ceux-là generalement ne s’en éloignent gueres, qui considerent avec attention, comme ce grand cercle de l’univers depuis qu’il a une fois commencé son cours, n’a point cessé d’emporter & faire rouler quant & soy les Monarchies, les Religions, les sectes, les villes, les hommes, les bestes, arbres, pierres, & generalement tout ce qui se trouve compris & enfermé dans cette grande machine ; les cieux même ne sont pas exempts des changemens ny de corruption. Le premier Empire des Assyriens, celuy des Perses, qui le suivit, ont aussi cessé des premiers ; le Grec & le Romain ne l’ont pas fait plus longue. Ces puissantes familles de Ptolomée, d’Attalus, de Seleucides ne servent plus que de fables,

[182]Miramur periisse homines, monimenta fatiscunt ;

Mors etiam saxis nominibusque venit.

(Rutil. in Itiner.)

[182] Nous nous étonnons de la mort des hommes ; les sepulcres s’ouvrent, car la mort vient attaquer les rochers & les noms.