[241] C’est un stratageme, que de dire, que ce que nos transfuges font perfidement pendant le combat, se fait par nostre ordre.

[242] Pour appaiser l’émotion d’un peuple, il faut tourner en sagesse & en occasion de l’addoucir les choses que le cas fortuit presente, & celles dont ce peuple s’épouvante, ou qu’il observe avec superstition.

[243] Il faut tourner en sagesse les choses que le cas fortuit presente.

[244] Les hommes ont accoutumé de mettre en œuvre & se servir artificieusement des rencontres impreveües.

[245] Plus outre.

[246] Arreste toi à Mets, car c’est là la borne qui t’est donnée.

Il couvrit toutes ces disgraces, du voile de Pieté & de Religion, s’enfermant dans un cloistre, où il eut pareillement la commodité de faire penitence du peché secret, qu’il avoit commis en la naissance d’un fils bastard, qui luy estoit aussi neveu. Ainsi Philippe II, prit sujet de casser tous les Privileges extraordinaires des Arragonois, sur la protection qu’ils voulurent donner à Antonio Perez ; & je trouve entre nos Roys de France que Philippe premier augmenta beaucoup son Royaume, & le delivra s’il faut ainsi dire de la Tutele des Maires du Palais, pendant que tous les Princes de la France, & son Frere même estoient occupez à combattre les Sarrasins, sous la conduite de Godefroy de Boüillon ; & pendant la troisiéme Croisade, on pourroit dire que Philippe Auguste abandonna le Roy Richard d’Angleterre, pour s’en revenir en France broüiller les affaires des Anglois, parce qu’en matiere d’Estat, [247]quædam nisi fallacia vires assumpserint, fidem propositi non inveniunt, laudemque occulto magis tramite quàm via recta petunt. (Val. Max. l. 7. cap. 3.)

[247] Il y a de certaines choses qui ne rencontrent pas la croyance qu’on s’est proposée, si elles n’ont pris des forces par le moyen de quelque tromperie, & qui cherchent plustost la loüange par quelques sentiers cachez que par des voyes droites.

Chapitre V.
Quelles conditions sont requises au Ministre avec qui l’on peut concerter les Coups d’Estat.

L’on me pourra objecter icy que je ne devrois traitter des conditions du Ministre, qu’aprés avoir parlé de celles du Prince, puis que c’est luy qui donne le premier branle & mouvement à tout ce qui est fait dans son Conseil, comme le premier mobile entraine tous les Cieux avec soy, & le Soleil communique sa lumiere à tous les Astres & Planetes : Mais à cela je puis répondre, que les Souverains nous sont donnez ou par succession ou par élection ; or de ces deux moyens le premier suit la nature, à laquelle nous obeïssons ponctuellement, sans restriction ou consideration d’aucune circonstance voire même,