Tap-Tap avait trois affections: les frites, son chien et sa femme; il les confondait dans une même ferveur.
Il disait des frites:
—Les frites, j'en suis fou. Quand c'est ma Renée qui les fait, elles sont toutes dorées et savoureuses. Ah! mon cher, dès qu'elles sont placées sur la table... à droite, par quatre... direction de ma gueule!
Le chien de Tap-Tap était glorieux au quartier. Bichonné, la queue en trompette et la coiffure d'un lion, il suivait son maître à l'exercice, à la salle des rapports, en tous lieux. Peu respectée des troupes, cette bête fut, de tout temps, l'innocente victime sur qui s'appesantissait l'ire des soldats que l'adjudant avait persécutés.
Mais il y avait, pour le quadrupède, des compensations heureuses.
Un jour, la compagnie manœuvrait dans la vaste cour de la caserne; l'adjudant, désireux d'arrêter les hommes, afin d'éblouir le colonel, commanda impérieusement:
—Compagnie!
La troupe fit le mouvement préparatoire de tout arrêt brusque, sorte de tension unanime vers l'ordre attendu.
Le chien fit: «Brrroupp!»
A ce commandement, peu réglementaire, les hommes prirent une immobilité parfaite.