Le colonel, satisfait, négligea néanmoins de proposer à l'avancement cet instructeur imprévu. N'importe, le chien, malgré l'ingratitude des supérieurs, connut des heures insignes. A la sentinelle discourtoise qui prétendait lui interdire l'entrée des casernements (les femmes, les chiens et les colporteurs étaient alors bannis des casernes), Tap-Tap commandait:
—Rectifiez la position, imbécile, et laissez-le passer, mon chien! C'est un petit adjudant.
La femme de Tap-Tap était une grosse mégère prétentieuse, admirant la haute situation de son époux, et qui, outre ses talents culinaires, avait toutes les vertus qui rendaient la Sulamite précieuse à Salomon.
—Ma femme, certifiait Tap-Tap, ce n'est pas qu'elle soit belle, belle, belle, mais elle aime bien.
Encore remplaçait-il le verbe «aimer» par un autre, plus expressif.
Mme Tap-Tap reçut, un soir, la visite d'un aimable soldat: figure aimable, mise soignée, attitude respectueuse; il semblait être le plus correct des troupiers français.
—C'est bien ici, monsieur Tap-Tap?
—Mais z'oui! Entrez donc. Jules est en train de fabriquer un violon avec une boîte à cigares; il sera content de vous voir...
—Ne le dérangez pas, je vous prie. C'est une simple communication.
—De la part de qui?