Adieu, adieu, si les choses ont des yeux, si les choses gardent mémoire de ce qui passe, souviens-toi, qu’ici nos mains fraternellement se sont unies, et que plus rien, jamais, ne détachera la mienne de celle qui la cherchait.
CHAPITRE XXI
Rapport de Mlle Lonjarrey, surveillante à l’École de Sèvres à Mme Jules Ferron.
« Madame,
» Vous m’avez chargée, l’année finie, de vous adresser un rapport confidentiel, qui puisse compléter le dossier des élèves, que j’ai sous ma surveillance.
» Le voici.
» D’une façon générale, je ne trouve pas dans cette promotion, la discipline et le respect nécessaires, comme vous nous le dites souvent, madame, à toute œuvre intellectuelle et morale. Presque toutes ces demoiselles sont d’esprit léger, remuant. Elles aiment la parure, et leur jeunesse accorde une créance inimaginable à la plus-value d’une fraîcheur passagère. Elles attachent du prix à des détails, et semblent ignorer que la vraie vie de l’École, est celle où vous les conviez, madame, dans les hautes sphères de la méditation et du recueillement.
» Je m’efforce de le leur faire comprendre. Je ne désespère pas de voir aboutir la conversion que j’ai entreprise.
» Voici donc ce que je puis vous dire sur chacune de nos Sèvriennes :
» Mlle Chantilly a, au plus haut degré, le souci de sa taille et de son ajustement. Orgueilleuse de ses prérogatives de première, elle s’imagine que sa présence, au milieu de nous, augmente la gloire de l’École.