» Mlle Passy, un garçon étourdi, tapageur, dont les paroles sont souvent marquées au coin de la plus mauvaise éducation. Elle est susceptible de perfectionnement. L’esprit est sain, le cœur franc : peut-être y aurait-il à redouter dans l’avenir, la défection d’une frondeuse, d’une révoltée.
» Mlle Hortense Mignon. Je me permets d’appeler toute votre attention, madame, sur cette élève qui est très cachottière.
» Elle entretient, poste restante, une correspondance très active, avec un jeune homme de son pays, sous-officier sans avenir, qu’elle veut épouser sans l’aveu des parents.
» Non seulement, elle néglige son travail, pour bûcher les examens de ce Monsieur, mais ce qui est plus grave, cette jeune fille s’est permis, en l’absence de tout le personnel, pendant les vacances de Pâques, de recevoir son fiancé à l’École, et même de partager ses repas avec lui.
» Je suis bien sûre que ces heures de tête à tête n’ont été que des répétitions, et que ce jeune paresseux a trouvé moyen encore de piller les cours de sa fiancée. Néanmoins, je tiens à révéler ces faits indubitables, qui m’ont été appris par qui vous savez, madame.
» Mlle Thérèsa Espérou, une bonne grosse fille, un peu bêtote.
» Mlle Bléraud. Depuis que vous lui avez accordé son pardon, madame, aucune tentative détestable ne s’est renouvelée.
» Cette personne s’amende. Je n’ai qu’à me louer de son zèle, qui peut nous être d’un véritable secours, dans l’œuvre de perfection et de grandeur morales, que nous poursuivons.
» Mlle Bléraud n’est pas sympathique à ses compagnes, qui l’écartent, depuis que le bruit a couru, dans l’École, qu’elle était hystérique. Seule, Jeanne Viole rachète, par quelques bonnes paroles, la froideur de toute sa promotion.
» Voilà, madame, ce que vous m’avez mandé de vous faire connaître.