» Je me suis acquittée, avec discrétion et vigilance, de la tâche délicate que vous m’avez confiée, et reconnaissante de tout ce que je vous dois, je suis heureuse, madame, de pouvoir vous assurer que jamais l’École n’a été si parfaitement unie dans la communion d’un sentiment unique de respect et d’admiration pour votre personne.
» Veuillez agréer, etc. »
FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE.
DEUXIÈME PARTIE
CHAPITRE PREMIER
LE RETOUR DES SÈVRIENNES
Depuis midi les grilles de l’École sont ouvertes. C’est un chassé-croisé : élèves, parents, amis, bagages, fournisseurs, pêle-mêle s’engouffrent. Enfin, l’air circule dans les couloirs abandonnés depuis deux mois ; l’odeur si triste des vieux murs s’évapore.
C’en est fait du silence : un flot de vie est entré dans l’École. Sous le pas alerte des Sèvriennes, les escaliers crient, les portes grincent, les voix s’élèvent, et la cloche en sonnant, ranime ce corps engourdi qui, dans l’ombre, pleure des larmes de salpêtre.
Comme ces vieilles gens qui ouvrent à regret leurs bras à la joie bruyante des tout petits, l’École semble chagrine du retour des Sèvriennes.
Le personnel, depuis le matin, est en mouvement. Les bonnets à brides volettent, ponctuent ici et là, de leurs ailes blanches, le clair obscur des corridors. M. le dépensier, tout bouffi, jette ses ordres, court du réfectoire à l’office, des cuisines au monte-charge, voyant tout, sachant tout, dévisageant les Nouvelles, qu’un mot vif photographie au passage.