» Renée. »
Sur un feuillet, pour moi, Renée m’annonçait qu’avant de partir pour Mamers elle avait fait la connaissance de M. Marnille, l’auteur des Contes grecs ; elle lui avait dit notre pari, et l’enjeu de son livre. A ce qu’il me semble, Renée raffole de l’auteur. Allons, que le destin donne une suite à cette ébauche d’aventure.
CHAPITRE VI
MEETING
Voici revenu le soir de Noël ; les Sèvriennes réveillonnent en groupe, dans leurs chambres illuminées. Berthe Passy reçoit ses amies, Isabelle, Marguerite, Charlotte, Adrienne et l’inséparable trio que Mlle Lonjarrey lui confia.
La pièce est grande, nue, mais sur les murs, éclate, avec les affichés de Chéret, de Grasset, et des villes d’eaux, la gaieté des rues et des champs.
Douze bougies éclairent une petite crèche, où dort l’Enfant Jésus, et tout autour, comme des présents rustiques, pâté, jambon, gâteaux, crèmes que les Sèvriennes se promettent de dévorer.
Isabelle s’est chargée du punch ; Charlotte le remue à la cuiller, délicatement, afin que la flamme qui court, légère, ne s’éteigne pas. Berthe, qui vient de lire à ses compagnes la lettre de Renée, fourre le papier dans sa poche, et les deux poings sur les hanches.
— Eh bien ! vous autres, que pensez-vous de cela ?
— Moi, fait Charlotte, s’arrêtant une seconde, je pense que votre amie n’a pas de veine : échapper aux griffes de sa pipelette pour tomber dans les bras gourmands d’une directrice Bléraud !