J’ai dû envoyer ce matin, selon l’usage, à Mme Jules Ferron, un télégramme pour lui offrir mes vœux. J’ai passé la journée d’hier et d’aujourd’hui à Paris, avec Charlotte ; la politesse exige — paraît-il — d’écrire ou de télégraphier les souhaits qu’on n’a pu présenter soi-même.

Les Sèvriennes qui restent à l’École, vont en soirée chez elle, on boit le champagne, « tisane » relevée par quelques épigrammes. Il est entendu que ce soir-là, ce soir-là seulement, Mme Jules Ferron dira aux élèves présentes, ce qu’elle pense de leur caractère, de leurs défauts surtout !…

Gentille cette chute de l’année, sur un mea culpa, quelque peu humiliant.

Hortense en est revenue mortifiée. Mais Victoire Nollet exulte, et ne songe pas au chagrin qu’a pu avoir la mère, sa vraie mère, finissant seule une année si douloureuse pour elle.

Henri disait tout à l’heure, qu’une parole d’honnête homme, quand elle est donnée, est donnée pour l’éternité. Il n’admet pas les cas de conscience, si habilement résolus par la morale courante.

Quand il parle ainsi, ses beaux yeux ont une profondeur… Charlotte peut être fière d’être aimée de lui ; l’amour de cet homme, c’est l’infini.

Année nouvelle, si heureusement ouverte avec eux, sois-moi propice ; fais que je passe honorablement ma licence ; garde-moi des heures de doux silence et de rêve.

Année nouvelle, sois-leur propice ; fais qu’ils te bénissent, pour les beaux jours que tu réserves à leurs fiançailles.

Année nouvelle, devine-moi… exauce-moi.

CHAPITRE VIII