Les heures passent, la cloche ne sonne plus, tout est désert, le parc se dérobe, les premières feuilles d’avril s’évanouissent dans l’ombre, mais sans cesse, on entend le jet d’eau qui sanglote, qui sanglote dans la nuit.

Au bord d’une fenêtre, une lueur tremblante : voilà le cierge qu’on allume pour la veillée funèbre.

....... .......... ...

....... .......... ...

Henri Dolfière arriva quelques heures avant la mort de Charlotte.

Dès qu’il la vit si pâle, avec ses grands yeux qui déjà regardaient ailleurs, il la sentit perdue, et comme un fou, se jetant à genoux, il prit la main qu’elle lui tendait, l’embrassa, la serrant à la briser. Charlotte souriait, n’était-ce pas le Sauveur qui enfin venait d’entrer ?

Elle ne parlait plus, mais elle eut la force encore d’attirer à elle la main du bien-aimé, elle la plaça sur son cœur.

Que voulait-elle dire ?

— Vois, bientôt il ne battra plus ? ou bien était-ce le don très chaste de sa chair qu’elle lui renouvelait en face de l’éternité !

De grosses larmes tombaient de ses yeux sur la tête d’Henri, qui se serrait contre cette pauvre petite poitrine blessée, lui jurant qu’il venait la sauver, qu’ils allaient partir, qu’on les marierait tout de suite, pour qu’il la soignât mieux, et la guérit.