Et la troisième, épousant les idées de tout le monde, allant dans la vie comme un bâton flottant !

Enseignera-t-elle le secret de vouloir !

Les avez-vous observées de plus près, alors vous avez vu que leur « armature » n’est pas autre chose que l’orgueil… ne trouvez-vous pas Victoire, que les gens de bon sens peuvent regretter la lande de nos grand’mères. Parfois il y volait des papillons, tandis que nos épis, souvent ne sont que des épis creux.

— Mais c’est un vrai débat, s’exclama M. Legouff en se levant ; vos maîtres, mesdemoiselles, n’ont pas perdu leur temps.

Tempérons ! Tempérons ! vous mettez les choses au pis, écoutez-moi, je suis sûr de vous rallier à mon opinion.

D’abord vos élèves ne fructifieront pas, en bien et en mal, comme vous le préjugez : elles seront récalcitrantes, parce que médiocres. Les semailles ont beau être riches, la terre peut ne rien valoir ; contentez-vous, si le blé n’est pas dru, d’y voir pousser quelques bluets.

Mesurez, observez, tentez différentes cultures. Ne brisez pas vos élèves sous une volonté de fer, Mlle Nollet. Ne craignez pas, Mlle Passy, de les exalter par des idées hautes.

Le bonheur de ces enfants est entre vos mains, mesdemoiselles, plus que leur bonheur, l’avenir de notre race, car les fils sont l’œuvre de chair et d’âme de leurs mères.

Oui, je le reconnais, l’École vous tient éloignées du monde réel, mais elle est le « sanatorium » où toutes, vous vous refaites moralement des muscles et du sang. Vous emportez de Sèvres une magnifique culture intellectuelle, votre tempérament saura en faire usage.

Vos directrices vous aideront à ne point dépenser, inutilement, les trésors que vous leur apportez.