Lettre de Victoire Nollet à Mme Nollet, rue Royer-Collard, Paris.
ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE DE L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE DES JEUNES FILLES
« 8 octobre 189 .
» Chère mère,
» Ne vous inquiétez pas, le régime de l’école me conviendra. J’ai réglé de suite mon emploi du temps, il n’y aura rien de changé dans mes habitudes :
» A 6 heures, je suis debout ; à 6 h. ½, j’ai pris ma douche et fait ma réaction ; à 6 h. 3/4, je suis en étude ; à 7 h. ½, je vais au déjeuner ; je remonte faire ma chambre. Avant 8 heures, je suis à la bibliothèque et à 9 heures au cours.
» Je trouve qu’on a ici beaucoup trop de récréations ; j’y aviserai, il ne faut pas perdre ainsi son temps. Mme Jules Ferron m’a demandé si j’étais bien la fille de Muma Nollet, le vieux Républicain, et sur ma réponse affirmative, elle m’a serré la main, en me disant de me montrer dans la vie la digne fille d’un tel homme.
» Il faut que j’arrive première à la licence. Mes compagnes ne m’intéressent pas beaucoup : j’ai trop à faire. La nourriture est bonne ; je mange la viande et laisse les légumes.
» Adieu, chère mère, je n’ai pas autre chose à vous dire ; j’ai tout Reclus à lire pour faire une leçon sur les déserts.
» Votre fille qui vous aime,