Un mot terrible de d’Aveline sur une ancienne, qui a trop de prétentions à la beauté mythologique :

« Vénus, il est vrai, mais Vénus marine, car il lui reste encore un peu d’algues aux dents. »

Fi le vilain.

A huit heures et demie, tout le monde se retrouve à la porte de Mme Jules Ferron, pour le bonsoir. Subitement, ce coin de lumière et de vie meurt ; l’ennui est roi de cette solitude.

Même en plein jour, ce long corridor est un triste promenoir de nonnes. Des murs lavés à la chaux, à terre des briques trop rouges, des fenêtres qui prennent la clarté au fond des douves. Quand la lune est haute, elle perce la crête des arbres, et par un soupirail, éclaire ce couloir d’une lumière glacée, jetant sur le mur d’ombre la silhouette blanche d’un porche de tombeau.

Est-ce que la Pompadour, qui vécut ici même, rêva de pénitences nocturnes, en cilice, pieds nus, dans ce cloître presque souterrain ?

Les bruits s’y éteignent, pour ne laisser sourdre que la plainte du jet d’eau, qui se lamente, qui se lamente, sans écho.

Deux ombres enlacées passent… un bec de gaz vacille et s’éteint. Mon cœur frissonne, je me sauve.

20 octobre.

On dit que Mlle Lonjarrey, hier, en faisant sa ronde de nuit, a trouvé Angèle Bléraud évanouie au pied d’une porte, qu’elle déchirait de ses doigts crispés.