» Ta gamine,

» Pépette. »

CHAPITRE X

JOURNAL DE MARGUERITE TRIEL

1er novembre.

Je ne quitterai pas l’École pendant ces deux jours de congé. Charlotte est souffrante, ma vieille cousine est encore à Orléans ; que ferais-je seule dans Paris ? J’ai un peu peur de ces sorties, je suis gênée d’un regard, surtout de ces regards qu’on rencontre le soir et qui vous déshabillent. Il m’est odieux d’être suivie, je perds la tête, je me sauve.

Je resterai dans ma chambrette, à coudre mes mousselines, qui égaieront ces fenêtres ; à piquer quelques photographies de musée ici et là.

Je ne m’ennuyerai certes pas, j’ai mon journal, mon André Chénier, et ces pages, si drôlement écrites, que Berthe Passy m’a apportées ce matin.

Elle s’amuse à faire des portraits, et sa plume campe ses personnages en vrais types de comédie mais il faut la voir, quand elle lit ce qu’elle vient d’écrire. Toute sa figure est en mouvement ; les yeux noirs pétillent ; le nez, très François Ier, s’allonge encore, la bouche accentue l’impertinence ou la gauloiserie du trait. C’est là un masque d’une mobilité si expressive, qu’à la regarder, on croit voir les personnages mêmes qu’elle peint.

— Voici le premier, qui est frappant.