Oui, mais la chère femme, si drôlement sentencieuse, n’a pas vu, près de nous, un vieux monsieur très bien, qui regardait et souriait.
Tout à l’heure ce monsieur choisissait un bouquet chez la fleuriste, et j’ai compris, un peu confuse, qu’il m’offrait ce mimosa.
Ne sachant trop que faire, pour lui dire merci, j’ai respiré les fleurs.
Et c’est tout. Ce monsieur ne m’a ni saluée, ni suivie. Mais je vais faire sécher dans mon journal un petit brin fleuri.
8 décembre.
Je vais passer mes vacances du jour de l’an avec Charlotte et Henri Dolfière. Je suis folle de joie.
Et c’est dans deux jours la fête de l’École ! Je me ferai belle !
CHAPITRE XIII
AUTOUR D’UNE TASSE DE CAFÉ
Adrienne Chantilly a invité ce jour-là quelques Sèvriennes à prendre une tasse de café. Un parfum violent de peau d’Espagne s’exhale des étoffes algériennes, suspendues tout autour de la chambre : meubles, cuivres, nattes, bibelots, cette pacotille criarde donne au cadre de la jeune beauté, l’aspect d’un bazar, sous les arcades Rivoli. Sur les étagères, des photographies de Pierre Loti, costumé suivant ses états d’âme ; sur la table de nuit, près du vaporisateur, Mounet-Sully, dans la célèbre attitude du To be, or not to be, si avantageuse à la plastique du beau comédien.