Attention ! je frappe, suivez-moi, glissez, ne marchez pas (ça, c’est pour les Scientifiques). Saluez, et si vous le savez, faites une révérence. Prenez ce siège. Taisez-vous, parlez, applaudissez, mangez, saluez. Allons-nous-en !

Vous en savez autant que moi sur le protocole de l’École de Sèvres.

— Et quoi, c’est là tout ?

— Oui, ma chère, de neuf à onze heures on s’ennuie en musique, les deux mains sur le ventre, les yeux sur le nombril. C’est l’attitude du sage !

— Dis-donc Berthe, ce n’était pas la tienne hier soir. T’es-tu assez trémoussée sur ton fauteuil, jambe de ci, jambe de là, la tête en haut, la tête en bas. Tu te tiens très mal dans le monde ; j’avais des inquiétudes pour la vénérable ruine qui te portait, tu lui as donné le coup de grâce !

— Comment, tu oses me blâmer ! Elle est bonne celle-là : faire revenir les gens de Paris à cinq heures, les arracher à leur paternel, à leurs amis, à leur chatte, aux petits plats du dimanche, pour les tenir assis, muets, face à face en rangs d’oignons.

Et qu’est-ce qu’on leur offre ? un harmonium pleurard, un piano nasillard, des voix qui chevrotent. Autant vaudrait suivre le service de l’Armée du Salut, là au moins tout y est cocasse.

Oh ! je vous recommande un air des petits agneaux pour harmonium et piano ; il m’a pris l’envie de faire une ronde avec la vieille Lonjarrey et de chanter, au beau milieu de ce salon :

Il pleut ! Il pleut, bergère,

Ramenez vos moutons.