Le sujet des tableaux variait suivant la circonstance qui donnait lieu à la fête. Le 11 août 1659, « pour le mariage du roi, disent les anciens registres, le vin de lʼHôtel de Ville coula, du côté de St-Pierre, par deux canaux faits exprès dans le tableau du Dieu dʼHyménée. » Et, quelque deux ans après, lorsquʼon fit des réjouissances publiques pour la naissance du Dauphin, il y eut une distribution de vin au peuple par une fontaine qui sortait dʼun dauphin, figuré à lʼune des fenêtres de lʼHôtel de Ville [34].
On croirait volontiers que ces peintures décoratives, appropriées aux circonstances, devaient entraîner pour la ville des dépenses considérables; mais un Mémoire des dépenses faites pour lʼentrée du duc de Joyeuse [35] nous montre que les nécessités du budget avaient créé à Caen un genre nouveau quʼon pourrait appeler la peinture économique: « des tableaux de 12 pieds sur 8 nʼy sont cotés que 6, 8 et 10 écus. » La place, comme on le voit, ne manquait pas aux artistes pour se mettre en frais dʼimagination; mais il est probable quʼils en donnaient à la ville pour son argent.
LʼANCIEN PORT DE CAEN
LʼANCIEN PORT DE CAEN
NOTICE HISTORIQUE
SUR LES TRAVAUX AUXQUELS IL A DONNÉ LIEU