« Les matériaux de toute nature, composant la flèche de l'ancienne église Saint-Sauveur, seront vendus publiquement à la charge de démolition. Le produit de la vente est affecté aux réparations de la toiture de ladite église. »
L'opinion publique ne confirma pas la sentence; elle s'émut, et une pétition, couverte de nombreuses signatures, demanda « la grâce du condamné. » Le 9 août 1837, le Conseil municipal répondit à ces vœux par l'arrêté suivant:
« Vu une pétition, à lui adressée le 10 mai dernier, pour obtenir que le clocher existant sur la halle aux grains soit conservé et réparé;
« Attendu que ce clocher en bois couvert en ardoises n'offre, sous le rapport de l'art ni sous celui de son antiquité, rien qui puisse le faire considérer comme un monument qu'il soit utile de conserver et de réparer; que ce clocher n'est pas convenablement placé sur une halle;
« Attendu que la réparation de la flèche du clocher coûterait une somme de trois mille deux cents francs au moins sur la dépense occasionnée par l'adjudication des travaux de réparations à faire à l'ancienne église Saint-Sauveur, servant de halle aux grains, et que la situation financière de la ville ne lui permet pas d'employer cette somme à une dépense qui n'est pas indispensable;
« Attendu que l'adjudication des travaux à faire à la halle comprend la démolition de ce clocher, conformément aux deux délibérations du Conseil municipal en date du 27 août 1836 et 15 mars 1837;
« Après avoir entendu le rapport de la Commission spéciale;
ARRÊTE:
« 1° Il n'y a pas lieu de modifier l'adjudication des travaux à faire à la halle au blé, en ce qui concerne le clocher qui devra être supprimé;
« 2° M. le Maire est chargé de l'exécution du présent arrêté. »