La veuve se cacha la tête dans les mains.
— Partons, ma mère ! reprit François d'un ton moins assuré.
La pauvre femme ne répondit pas ; elle éclata en sanglots. Son fils lui tendait la main droite, tandis que de l'autre il retenait ses larmes.
— Mère, dit-il tout bas, de manière à ne rien laisser voir de la douleur qui le suffoquait, venez-vous ?
— Quoi ! vous partez sans moi ? dit une voix douce comme celle qu'on prête aux anges.
François et sa mère, dans leur foi naïve, crurent en effet que, touché de leur douleur, le ciel leur envoyait un de ses messagers.
Ils se retournèrent et, surpris, reconnurent Marie.
La jeune fille était encadrée dans la baie de la porte, au milieu de la vigne vierge, dont les feuilles laissaient percer de place en place quelque joyeuse petite fleur de clématite. Elle était rayonnante de beauté. Placée ainsi, elle ressemblait, s'il nous est permis d'emprunter notre comparaison à une époque plus rapprochée de nous, à ces portraits de jeunes femmes, que les artistes du dix-huitième siècle se plaisaient à entourer de guirlandes de fleurs.
Marie se jeta dans les bras de la veuve Regnault.
— Méchants ! disait-elle en pleurant, méchants qui vouliez abandonner votre petite Marie !