— J'ai dit une sottise ? demanda M. de Louvigny en remarquant la petite mine boudeuse que faisait Marguerite.
— Je vous en fais juge, monsieur l'abbé, dit Marguerite. Tenir sa fille dans ses bras, l'embrasser, l'écouter causer, est-ce là perdre son temps ?
— Expliquons-nous, Marguerite, reprit le marquis.
— Non. Je ne veux rien entendre, je ne veux pas être complice de votre paresse !
— Allons, viens ici.
— Non ! je vous laisse travailler.
— Je t'en prie ! dit M. de Louvigny d'une voix caressante.
— Ne me tentez pas ! reprit la jeune fille, qui ne demandait qu'à répondre aux instances paternelles.
— Je te tiens cette fois ! s'écria joyeusement le vieillard en saisissant la jeune fille par le bas de sa robe. Viens m'embrasser.
— Vous n'obtiendrez rien par la violence, dit Marguerite en détournant la tête.