— Consolez-vous, brave homme. Votre fils est sauvé !

— Il est sauvé ! s'écria le vieillard, en sortant de sa stupeur.

Il se releva en répétant plusieurs fois ce mot qui l'avait ranimé, et il demanda à être conduit près de Barbare. Les soldats lui répondirent par un refus et voulurent l'entraîner au poste voisin. Mais la foule prit fait et cause pour lui. Elle repoussa ses deux gardes et lui fit une escorte jusqu'à l'entrée de l'église.

Au même instant, Barbare essayait, en s'échappant par une des portes latérales, de se dérober aux acclamations de la multitude. Mais il fut reconnu, et son nom retentit de tous côtés, au milieu des applaudissements.

Le vieillard l'aperçut et s'avança à sa rencontre.

A la vue de Dominique, le jeune homme poussa un cri de surprise et fendit les flots serrés des spectateurs, pour se rapprocher de celui qu'il regardait comme le père de Marguerite.

— C'est le ciel qui vous envoie ! dit-il au vieillard en se jetant dans ses bras.

Les deux hommes s'embrassèrent avec effusion.

— C'est son père ! s'écrièrent plusieurs assistants.

A ces mots, la foule se recula discrètement, attendant, pour le porter en triomphe, que son héros eût d'abord obéi aux élans naturels de son coeur.