J’allais donc être renseigné. Nous arrivâmes jusqu’à la cabine. Je ne vous la décrirai pas. Toutes les cabines se ressemblent ; elles me font l’effet d’un nécessaire de voyage incomplet, assez grand pour tenir deux personnes ayant bon caractère, avec un trou rond nommé hublot, en guise de fermoir. On y trouve, comme partout, la gaieté qu’on y apporte. Les marins prétendent qu’on y peut vivre, lire et travailler, mais les marins ne sont pas des gens comme les autres.

Quel sera mon compagnon ? C’est M. E. de S…, l’unique représentant de la Belgique. Il arrive au même instant ; la poignée de main est cordiale, et la fusion complète entre Bruges et Paris.

Nous ne jetons qu’un coup d’œil distrait sur notre nouveau logis, que nous déclarons charmant, et je reprends mon interrogatoire :

— Nous ne partons pas aujourd’hui, n’est-ce pas ? ni demain…

Le jeune secrétaire me regarda d’un air profondément surpris :

— Et pourquoi ?… A moins que le commandant ne vous ait dit ?…

— Il m’a dit que la Junon serait en rade ce soir, et en mer demain matin. Mais il me semble que nous ne sommes pas prêts.

— Oui, il y a un peu d’encombrement. On arrangera cela après le départ. Rassurez-vous, vous serez en mer demain à midi.

— Vous en êtes sûr ?

— Parfaitement sûr.