— Alors, c’était bien vous qui étiez là-haut sur la montagne ?
— Oui, et je suis redescendu pour explorer le versant opposé.
Je m’adresse aux chasseurs :
— En narrateur fidèle, je crois, messieurs, qu’il convient de rectifier l’apparition du Patagon.
— Hélas ! oui. Rectifiez, mais expliquez qu’avec ce gaillard-là on ne sait jamais à quoi s’en tenir. Qualifiez-le de passager-matelot-patagon, avec la réserve de bien d’autres qualifications qui lui seront probablement données avant le retour.
Le 7, au point du jour, la Junon repartait, non sans avoir envoyé le charpentier clouer sur un arbre bien en vue, à l’entrée de la baie, une planchette avec l’inscription : Junon, vap. français, commandant Biard, 7/10/78.
Le petit lac d’eau douce que nous avons découvert, étant à peine indiqué sur les cartes et ne portant aucun nom, le commandant, après en avoir relevé approximativement le contour, lui a donné le nom de lac d’Aunet[7].
[7] Mme Biard, née Léonie d’Aunet, a fait en 1839, avec son mari, à bord de la corvette de l’État la Recherche, un voyage au Spitzberg.
Il y a là, par 80° de latitude nord, une petite crique qu’on a appelée alors l’anse Léonie ; en sorte que deux points situés aux extrémités du monde portent aujourd’hui le nom de la célèbre voyageuse.
Mme Biard est morte à Paris le 21 mars 1879.