Le Persan procédait déjà lui-même à cette opération. Il passa ses chaussures à Raoul.

—Déposez-les, fit-il, au delà du mur... Nous les retrouverons en sortant[7].

Sur ce, le Persan avança un peu. Puis, il se retourna tout à fait, toujours à genoux et se trouva ainsi tête à tête avec Raoul. Il lui dit:

—Je vais me suspendre par les mains à l'extrémité de la pierre et me laisser tomber dans sa maison. Ensuite, vous ferez exactement comme moi. N'ayez crainte: je vous recevrai dans mes bras.

—Le Persan fit comme il le disait; et, au-dessous de lui, Raoul entendit bientôt un bruit sourd qui était produit évidemment par la chute du Persan. Le jeune homme tressaillit dans la crainte que ce bruit ne révélât leur présence.

Cependant, plus que ce bruit, l'absence de tout autre bruit était pour Raoul un affreux sujet d'angoisse. Comment! d'après le Persan, ils venaient de pénétrer dans les murs mêmes de la demeure du Lac, et l'on n'entendait point Christine!... Pas un cri!... Pas un appel!... Pas un gémissement!... Grands dieux! arriveraient-ils trop tard?...

Raclant, de ses genoux, la muraille, s'accrochant à la pierre de ses doigts nerveux, Raoul, à son tour, se laissa tomber.

Et aussitôt il sentit une étreinte.

—C'est moi! fit le Persan, silence!

Et ils restèrent immobiles, écoutant...